Après trente ans d’absence, Gustave et Kirsi ont retrouvé le Zoo d’Amiens en décembre dernier. Depuis leur arrivée, les deux girafes sont devenues les nouvelles vedettes du parc, au cœur de la nouvelle zone Savanes. Entre engouement du public, investissements et nouveaux visiteurs, leur retour se mesure autant en mètres qu’en chiffres.

Les nouvelles stars du zoo
Leur retour était attendu. Après trois décennies sans girafes, Gustave et Kirsi ont découvert leur nouvel environnement amiénois en fin d’année 2025.
Deux mâles qui occupent une place centrale dans la zone Savanes, un nouvel espace de 7 000 m² consacré à la faune africaine. Les girafes disposent notamment d’un bâtiment de 310 m², conçu spécifiquement pour leurs besoins.
Leur arrivée a rapidement suscité la curiosité. Dès la réouverture du parc, en février, « on a senti cet effet girafe », explique Chloé Lange, chargée de communication au Zoo d’Amiens Métropole. Un accueil alimenté par une météo clémente : « On a eu des journées pendant les vacances scolaires où on a atteint 4000 visiteurs, ce qui est pour un mois de février assez exceptionnel », se réjouit-elle.
Car le parc sort déjà d’une année record. En 2025, le zoo d’Amiens a accueilli 250 872 visiteurs. Une fréquentation qui avait progressé avant même l’arrivée des girafes, dans un contexte de transformation importante du site.
Mesurer l’effet « girafes »
C’est donc toute la difficulté pour le zoo : déterminer ce qui relève de l’arrivée de Gustave et Kirsi et ce qui relève de la rénovation globale du parc.
Pour Chloé Lange, cette dynamique ne peut pas être attribuée aux seules girafes. « Il y a un global », explique-t-elle. Avant Gustave et Kirsi, l’arrivée d’Archipel et de ses tigres avait déjà donné « un nouvel essor au zoo ».
Le parc enregistre malgré tout une hausse globale de fréquentation en 2026. Des chiffres définitifs pas encore connus mais le zoo espère battre son record. « Pour l’instant, on est sur une hausse de fréquentation. Donc on devrait, si tout va bien, atteindre à nouveau les 250 000 visiteurs », nous confie-t-elle. La canicule a toutefois pesé sur la fréquentation estivale, comme pour de nombreux établissements culturels.
Le profil des visiteurs, lui, semble avoir évolué. Le zoo constate notamment la présence de populations « qui viennent au-delà de la Somme ». Chloé Lange estime ainsi que le parc connaît cette année « un rayonnement plus grand que les années précédentes ». Elle nuance toutefois à nouveau l’effet des girafes : « les girafes y sont aussi pour beaucoup mais les aménagements globaux le sont aussi ».
Un pari économique
Derrière les deux nouveaux pensionnaires, il y a aussi un investissement. Leur accueil a nécessité la construction d’un bâtiment adapté, l’aménagement de leur espace extérieur et la mobilisation de nouvelles ressources humaines et matérielles.
Mais leur arrivée s’inscrit dans un chantier beaucoup plus large. Le zoo a notamment créé un nouveau pôle oriental avec une nouvelle administration, une billetterie et une boutique. « Donc il y a eu cette construction-là qui a nécessité des gros financements. Puis après tout l’aménagement de la zone savane, puisqu’avant ce n’était pas du tout un enclos ». nous dit-elle.
La construction de bâtiments tels que la giraferie a permis de répondre aux nouveaux besoins. Un soigneur supplémentaire a par ailleurs été recruté pour s’occuper de ces animaux. Des investissements rendus possibles grâce au soutien de la ville.
Un nouvel argument pour Amiens
Si certains visiteurs viennent de plus loin pour découvrir les girafes, leur présence peut également participer à l’attractivité touristique d’Amiens.
En février, une « Parade des Girafes » avait notamment été organisée dans les rues d’Amiens, avec des girafes géantes déambulant entre la cathédrale et le zoo. Une manière pour le parc de faire sortir ses nouvelles vedettes de ses murs et de les intégrer à l’image touristique de la ville.
Des retours plus qu’encourageant
Après plusieurs mois, le premier bilan dressé par le zoo est donc optimiste. « Un bilan très très positif », résume Chloé Lange, qui évoque à la fois une hausse de fréquentation, de bons retours des visiteurs et des espaces adaptés aux animaux.
Les girafes ont indéniablement changé le visage du Zoo d’Amiens. Reste désormais à savoir si elles auront également changé durablement ses chiffres. Leur succès ne se mesurera pas seulement au nombre de visiteurs venus les photographier, mais à leur capacité à inscrire le parc dans une nouvelle dynamique de fréquentation et d’attractivité.
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