Le Jardin des plantes d’Amiens, là où la botanique a pris racine

À deux pas du centre-ville, le Jardin des plantes fait partie du paysage amiénois. Pourtant, derrière ses allées, se cachent une histoire mouvementée, de sa création en 1754 à son retour à une vocation scientifique en 2021.

Deux étudiantes arpentent les allées du jardin

Si discret, et pourtant, son histoire reste ancrée dans la vie amiénoise. Chaque jour, plusieurs dizaines d’Amiénois arpentent les allées du Jardin des plantes, sans forcément connaître son passé. « Aujourd’hui, les gens viennent surtout voir la beauté du lieu, la grande diversité de plantes qui y est présente. Mais très honnêtement, son passé n’est pas forcément connu de tous », explique Charles Saint-Solieux, technicien botaniste en charge du site.

La botanique française prend racine à Amiens

Dans une époque où la botanique se développe progressivement à travers les célèbres jardins médiévaux italiens, la diversité des plantes occupe une place centrale, notamment dans les domaines de la médecine et de l’alimentation. Cette discipline très prisée, s’étudiera dans une ancienne propriété royale au cœur de la ville d’Amiens, à l’origine appelée le Jardin du Roy. C’est ainsi que naît en 1754 le premier jardin botanique français, sous l’impulsion des facultés de sciences et de médecine de l’époque, mais aussi de Dom Robbe, prieur du couvent des Feuillants d’Amiens et passionné de botanique. 

« Après que Louis XV ait cédé le lieu, il y a eu un véritable élan. De 1751 à 1754, tout s’est mis en place à vitesse grand V, tant sur le plan organisationnel que botanique. La décision et la bascule vers un jardin public, comme il l’est toujours aujourd’hui, ont donc été très rapides », détaille le technicien botaniste.

Le jardin devient ainsi un support d’apprentissage pour les étudiants en médecine et en pharmacie. Les différentes espèces qui y sont cultivées leur permettent notamment d’approfondir leurs connaissances sur le monde végétal et ses propriétés.

Quand l’Histoire change le visage du jardin

Au fil des siècles, le jardin a connu les différents soubresauts de l’histoire amiénoise. Comme le territoire de la Somme, il a été profondément marqué par les guerres. « Le jardin a été bouleversé, il y a eu de grandes destructions. De plus, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’élan économique a davantage orienté le site vers une production horticole. Le côté botanique et scientifique, propre au lieu, a alors été un peu délaissé », confie Charles Saint-Solieux.

Mais c’est en 2021 que le site retrouve ses fondamentaux. La municipalité fait alors le choix de déménager l’activité horticole, afin de redonner au jardin sa vocation pédagogique et scientifique, celle d’un véritable jardin botanique.

Un jardin tourné vers l’avenir

Aujourd’hui, le Jardin des plantes poursuit sa volonté d’étudier la diversité végétale, avec plus de 1 100 espèces présentes sur le site. « On découvre toujours de nouvelles choses, mais certaines plantes sont utilisées et cultivées par l’homme depuis 12 000 ou 13 000 ans. Elles font encore partie de l’alimentation principale dans certaines régions du monde. Donc évidemment, certaines sont présentes ici depuis très longtemps. Mais on fait aussi le choix de nous adapter aux nouvelles espèces et aux nouveaux enjeux », développe le spécialiste.

Un point reste toutefois plus que jamais au centre des préoccupations du lieu, celui de la transmission. Alors que la société prend de plus en plus conscience des enjeux liés à la biodiversité, le Jardin des plantes, lui, a décidé d’agir. En 2025, plus d’une cinquantaine d’événements y ont ainsi été organisés : “ Notre objectif est de sensibiliser tous les publics aux nouveaux enjeux écologiques” explique le passionné. Un jardin façonné par l’histoire, mais désormais tourné vers les défis de demain.

À voir aussi :

Retour en haut