“Les symptômes peuvent être asymptomatiques”. Septembre rouge, le mois de prévention au cancer du sang

Depuis cinq ans, chaque année au mois de septembre, des organismes de prévention et des associations se mobilisent pour faire de la prévention autour des cancers du sang. Créé par l’association Vivre avec une NMP (néoplasie myéloproliférative), on nomme ce mois : septembre rouge. Son but, sensibiliser la population autour des cancers du sang, des maladies qui touchent 45 millions de personnes en France.

flyer "Vivre avec une NMP"

Zéro. C’est le nombre de chiffres recensé pour le cancer du sang dans les Hauts-de-France. Aucune donnée n’est répertoriée au niveau régional ou local selon Emilie Martin, représentante et médiatrice santé de l’association Vivre avec une NMP (néoplasie myéloproliférative), un cancer chronique rare de la moelle osseuse. Atteinte elle-même de cette maladie, elle est également atteinte d’une néoplasie myéloproliférative. Derrière son stand dans le hall du pôle santé de Breteuil, une ville à trente minutes de Beauvais, elle nous explique que ces maladies sont rares mais également très peu connues du grand public. Devant elle, des mini-jeux, des quiz et des schémas ayant pour but d’informer davantage sur celles-ci.

Quelles maladies ? Quels symptômes ?

“Il y a un large éventail de maladies hématologiques”, nous explique la représentante du secteur de l’Oise. Lymphomes, myélomes, leucémie… Toutes ces maladies n’ont pas la même source et ne causent pas forcément les mêmes symptômes. Ce qui rend parfois le diagnostic compliqué. 

Pour illustrer cette diversité dans le cancer du sang, Emilie cite l’exemple des néoplasies myéloprolifératives qu’elle explique à l’aide de jetons. Des jetons bleus qui représentent les globules blancs et des jetons rouges qui représentent les globules rouges. Elle remplit la moelle de jetons bleus et rouges en exagérant sur ces derniers, pour nous expliquer que la maladie peut provoquer une accumulation de globules rouges. Le sang va être plus épais et causer un risque de thrombose : des caillots de sang qui peuvent parfois causer un AVC (Accident Vasculaire Cérébral). Elle retire les globules rouges et les remplace tous par des jetons noirs qui représentent les plaquettes. Un trop plein de plaquettes risque de provoquer un bouchon donc un caillot mais paradoxalement, des saignements, notamment des bleus. 

La représentante de Vivre avec une NMP nous explique que ces maladies peuvent être asymptomatiques. Fatigue intense, une perte de poids ou encore des infections à répétition… “Comme les symptômes ne sont pas spécifiques, il y a une errance médicale”, déplore-t-elle. Malgré cela, des dispositifs pour diagnostiquer ces maladies sont tout de même mis en place.

Comment diagnostiquer ces maladies ?

La prise en charge de ces maladies a connu des avancées récentes. Comme l’explique Camille Laurent, anatomopathologiste à l’institut universitaire du cancer de Toulouse spécialisée en hématopathologie. Selon cette dernière, également présidente du Conseil scientifique du LYSA, un réseau de recherches cliniques, une meilleure prise en charge passe par deux éléments majeurs : le renforcement de l’expertise du pathologiste (le médecin spécialiste dans différentes analyses, notamment celle des tissus biologiques) dans un premier temps et l’accès à outils plus sophistiqués dans un second temps.

Mais avoir un diagnostic précis s’avère souvent compliqué. Les deux paramètres sont complexes parce “qu’ils ne sont pas accessibles à tous les laboratoires en France”, explique Camille Laurent. Plusieurs actions ont été mises en place pour y remédier. Il y a dix ans, un réseau national de relecture a été instauré. Ce système, permis par les pathologistes locaux, a par exemple permis de faire un état des lieux de tous les lymphomes diagnostiqués en France. Il a également permis de : “Démembrer des entités rares de lymphome”, explique l’anatomopathologiste.

La place de ces maladies dans la société

À l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de guérir. Seuls des traitements permettant d’atténuer les symptômes existent. Pour le diagnostiquer, cela se fait en général auprès du médecin traitant. Celui-ci va établir un examen physique de son patient pour vérifier son état. En cas de suspicion d’une maladie hématologique, le professionnel de santé envoie son patient vers différents examens : biopsie, analyse sanguine ou encore imagerie. 

Selon l’étude la plus récente sur le sujet de Santé publique France, les cancers du sang touchent environ 45 000 personnes en France soit 12% des nouveaux cas de cancer. Cependant, l’étude ne précise pas s’il s’agit d’un chiffre à échelle métropolitaine ou non.

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